Travailler à armes égales – Souffrance au travail : comment réagir ( Pezé, Saada, Sandret).

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D’après une étude du ministère du Travail  près d’un salarié sur dix connaît une situation de mal être au travail. Un rapport du Bureau International du Travail  avait lui estimé le coût pour l’économie entre 3 et 4% du PIB.

Même si la plupart des situations demeurent silencieuses, la souffrance au travail est bien présente et fait parfois la une de l’actualité au travers de quelques exemples emblématiques.  Si le coût financier est à prendre en compte, c’est évidemment le coût humain le plus cher à payer.

Ouvriers, managers, dirigeants nous sommes tous concernés, mais sommes nous suffisamment armés pour y faire face ?

Cette question de la souffrance au travail Marie Pezé, psychologue clinicienne, en a fait depuis longtemps son cheval de bataille. Après « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés » ,elle revient cette fois accompagnée de deux spécialistes, autres acteurs de la lutte contre ce fléau.

C’est avec la collaboration de Maitre Saada, avocate spécialiste en droit social, et du Docteur Sandret, médecin inspecteur du travail, qu’elle a écrit “Travailler à armes égales” où elle entend cette fois, aller plus loin dans la compréhension des mécanismes de la souffrance au travail et dans la description des moyens de la combattre.

  Un salarié averti n’est pas forcément un salarié désenchanté. C’est un salarié adulte. Il réagira plus tôt, se soignera plus tôt, ira voir les interlocuteurs dans et hors de l’entreprise plus tôt. C’est la raison d’être de ce livre que de lui donner des outils indispensables pour y parvenir. 

D’abord comprendre les mécanismes de la souffrance au travail.

Si le travail peut être générateur de souffrance c’est avant tout parce qu’il est porteur d’un certain nombre de promesses. Promesses de réalisation, promesses d’épanouissement et promesse de reconnaissance sociale.

Ces promesses sont souvent trahies. Les salariés qui se sont le plus impliqués, investis corps et âmes sont ceux qui ont du mal à supporter les multiples trahisons du travail.

Car le travail ne s’exprime pas sur un champ neutre il s’exprime avant tout sur un terrain psychique et physique différent en fonction des individus.

À cela s’ajoute l’impact des nouvelles méthodes de management, des nouvelles organisations, accentuant l’individualisation du travail et prônant la négation des gestes, de l’expérience, des compétences.

Cette nouvelle idéologie managériale favorise le sentiment d’incompréhension et le mal être lorsque les valeurs personnelles et professionnelles ne sont plus en concordance avec celles de l’entreprise.

Retrouvez dans cette vidéo une synthèse de l’analyse de Marie Pezé

Ensuite engager la lutte en devenant un sujet de droit.

L’ouvrage fait la présentation de l’ensemble des outils, des acteurs et instances permettant au salarié de sortir de la situation de souffrance. Il y a bien sûr la médecine du travail, les psychologues, les avocats et les instances représentatives du personnel. Au delà de ces acteurs essentiels, deux chapitres sont consacrés à deux points non moins importants que sont la nécessité de savoir décrire son travail et l’utilisation de l’article L 4121-1 du Code du travail.

  • Savoir décrire son travail

Un chapitre entier est consacré à la description de son travail, à l’objectivation des situations de souffrance. C’est là la phase la plus importante permettant de bien diagnostiquer les causes du mal-être (souvent une organisation plus qu’un individu)  et par là même d’y apporter une solution.

 Si le vecteur de la maltraitance est généralement personnifié par le salarié sous les traits d’un N + quelque chose, la véritable force agissante est celle d’un système. La focalisation sur le bourreau désigné fait malheureusement écran, en rapatriant la situation professionnelle vers un toujours douloureux mais « simple » conflit de personnes. 

  • L’article L 4121-1 du Code du travail

L’arsenal juridique s’est également étoffé ces dernières années. Mieux que la notion de harcèlement moral parfois difficile à prouver il peut être préférable de faire appel à l’obligation de sécurité de résultat à laquelle est soumis l’employeur s’agissant de la santé des salariés.

L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels ;

2° Des actions d’information et de formation ;

3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

Au delà de tous ces outils, c’est un véritable appel à la mobilisation générale de l’ensemble des acteurs, pour une prise de conscience du rôle de chacun dans la chaîne de prévention et de prise en charge.


Avis

Moins “touchant” mais plus “technique” que “Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés” on retrouve dans cet ouvrage les analyses de Marie Pezé. Celles-ci sont enrichies et complétées par les apports juridiques médicaux et historiques de Rachel Saada et Nicolas Sandret.

Il s’adresse à ce titre aux salariés mais également aux managers et à l’ensemble des acteurs de cette chaîne.

À lire et à recommander à ceux qui veulent connaître les causes, les conséquences de la souffrance au travail et maîtriser les outils pour la combattre.

Travailler à armes égales (Broché)
by Marie Pezé, Rachel Saada, Nicolas Sandret

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 Travailler à armes égales – Editions Pearson


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