Vous cherchez à savoir lequel, de l’AMP ou de l’AES, gagne le mieux sa vie. La réponse tient en une phrase : aucun des deux, parce qu’il s’agit aujourd’hui du même métier et de la même grille de salaire. Depuis 2016, le diplôme d’aide médico-psychologique a fusionné avec celui d’accompagnant éducatif et social. L’écart que beaucoup imaginent encore relève donc d’un souvenir, pas d’une réalité de fiche de paie. Reste à comprendre d’où vient cette confusion et ce qui, concrètement, fait grimper ou stagner la rémunération sur ce poste.
AMP et AES gagnent-ils vraiment des salaires différents ?
Non. Un professionnel embauché comme AMP et un autre embauché comme AES touchent la même chose à poste, ancienneté et établissement équivalents. Le titre d’AMP désigne simplement les personnes diplômées avant la réforme, mais leur classement et leur traitement restent alignés sur ceux de l’AES.
Le malentendu vient du passé. Avant 2016, l’aide médico-psychologique se concentrait sur l’accompagnement de personnes lourdement handicapées, souvent en maison d’accueil spécialisée. Ce versant très orienté soin direct a longtemps nourri l’idée d’une rémunération supérieure. Cette nuance a disparu avec la création d’un diplôme unique.
Pourquoi le métier d’AMP a fusionné avec celui d’AES ?
En 2016, l’État a regroupé deux anciens diplômes, celui d’aide médico-psychologique et celui d’auxiliaire de vie sociale, pour créer le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). L’objectif visait à clarifier un secteur où les intitulés se chevauchaient et brouillaient les parcours.
Le DEAES couvre désormais l’ensemble des situations : accompagnement à domicile, en structure collective, en milieu scolaire. Un titulaire de l’ancien DEAMP conserve la pleine reconnaissance de son diplôme et exerce sous l’appellation AES. Pour devenir AMP aujourd’hui, on passe donc par le DEAES, accessible sans condition de diplôme préalable et préparable en douze à vingt-quatre mois.
Combien gagne un AES (ex-AMP) selon le secteur ?
En début de carrière, la rémunération tourne autour du SMIC, dans le public comme dans le privé. Elle progresse ensuite avec l’ancienneté, les primes et les contraintes horaires. Voici les repères selon le secteur d’exercice.
| Secteur | Début de carrière | Fin de carrière |
|---|---|---|
| Fonction publique | Proche du SMIC | 1 722 à 2 294 € brut/mois |
| Secteur privé | Proche du SMIC | 1 900 à 2 500 € brut/mois |
| Moyenne nationale | environ 1 485 € net/mois | variable |
Le salaire dans la fonction publique
L’AES relève de la catégorie C de la fonction publique hospitalière ou territoriale. Son traitement se calcule à partir d’une grille indiciaire : l’indice majoré multiplié par la valeur du point. Le premier échelon démarre autour de 1 836 € brut mensuel et l’avancement se fait de façon régulière et encadrée. À ce traitement s’ajoutent des primes, des majorations pour le travail de nuit ou de week-end et les revalorisations issues des accords récents. Statut oblige, l’agent bénéficie aussi de certains droits propres à la fonction publique, comme des aménagements horaires que le privé n’accorde pas toujours.
Le salaire dans le secteur privé
Dans le privé, tout dépend de la convention collective appliquée par l’employeur. Les associations et établissements médico-sociaux relèvent souvent de la CCN 66 (structures pour personnes handicapées) ou de la CCN 51 (établissements à but non lucratif). Le salaire dépend alors du coefficient, de la valeur du point, de l’ancienneté et des accords d’entreprise. Les sujétions particulières, comme l’internat, se traduisent par des compléments.
Ce qui fait vraiment varier la paie (et non le titre)

Puisque AMP et AES partagent une seule grille, l’écart de salaire entre deux professionnels tient à d’autres facteurs. Les voici, par ordre de poids réel sur la fiche de paie :
- L’ancienneté et l’échelon atteint, qui restent le premier levier.
- Le secteur, public ou privé, et la convention collective qui s’y applique.
- Les horaires atypiques : nuits, week-ends et jours fériés génèrent des majorations.
- La prime issue du Ségur de la santé, qui a relevé les revenus du médico-social.
Un AES expérimenté en internat privé peut ainsi gagner plus qu’un collègue débutant en collectivité, sans que leur diplôme y change quoi que ce soit. La vraie question n’est donc pas AMP ou AES, mais où exercer et combien de temps.







