Une heure en moins dès le 3e mois : le principe
À partir du début du 3e mois de grossesse, toute agente de la fonction publique peut demander une réduction de son temps de travail quotidien d’une heure maximum. Cette facilité d’horaire ne découle pas du Code du travail lequel ne l’impose pas aux employeurs privés mais de circulaires administratives spécifiques à la sphère publique.
La mesure reste soumise à deux conditions : une demande de l’agente et un avis favorable du médecin du travail. L’administration l’accorde « compte tenu des nécessités du service », selon la formulation consacrée. En pratique, les refus sont rares, mais ils existent dans les services à flux tendu.
Cette heure n’est pas récupérable : l’employeur public ne peut pas exiger de compensation ultérieure, ni en fin de semaine, ni à l’issue du congé maternité.
Un droit dans les trois versants de la fonction publique
La règle s’applique à la fonction publique d’État (FPE), à la fonction publique territoriale (FPT) et à la fonction publique hospitalière (FPH). Les textes de référence varient légèrement selon le versant, mais le principe est identique : une heure par jour au maximum, à compter du début du troisième mois.
Pour la FPH, la circulaire n° 96-152 du 29 février 1996 est explicite : les facilités peuvent être accordées « dans la limite maximale d’une heure par jour, à compter du premier jour du 3e mois de grossesse ». Les agentes contractuelles de droit public relèvent des mêmes dispositions que les fonctionnaires titulaires.
La loi Thévenot du 30 juin 2025 a renforcé la protection des femmes enceintes dans le cadre professionnel, et le Code général de la fonction publique (CGFP), article L. 631-3, encadre désormais plus précisément ces aménagements. Le Sénat a par ailleurs adopté en décembre 2025 un allongement du congé pathologique prénatal de 2 à 3 semaines — mesure distincte mais complémentaire.
Rémunération et RTT : ce qui change (et ce qui ne change pas)
Le salaire est maintenu intégralement. L’heure non travaillée n’entraîne aucune retenue sur traitement, aucune incidence sur le régime indemnitaire et aucune modification du bulletin de paie. L’agente est considérée en service pendant cette heure.
Les RTT ne sont pas touchés. Selon la jurisprudence administrative confirmée par le centre de gestion de la fonction publique territoriale, l’heure accordée au titre de la grossesse ne diminue pas le crédit de repos compensateurs. Les RTT sont calculés sur la durée théorique de service, non sur le temps réellement effectué pendant cette période.

Deux points méritent attention :
- Si l’agente travaille à temps partiel, l’heure s’apprécie au prorata de sa quotité de travail.
- Les agents de nuit ne bénéficient d’aucune mention spécifique dans les textes, mais l’avis du médecin du travail peut conduire à un changement temporaire d’affectation si les conditions de travail sont incompatibles avec l’état de grossesse.
Comment en faire la demande
La démarche est simple. L’agente adresse une demande écrite à son supérieur hiérarchique ou au service des ressources humaines, en indiquant la date de début du 3e mois de grossesse et les aménagements souhaités (prise en début ou fin de journée, selon les contraintes de service). Elle joint un certificat médical ou l’attestation de grossesse.
Le médecin du travail rend un avis lequel n’est pas un accord automatique, mais un avis consultatif que l’administration peut, théoriquement, ne pas suivre. En cas de refus injustifié, l’agente peut saisir le comité social d’administration (CSA) ou contacter son organisation syndicale.
Aucun formulaire national standardisé n’existe : chaque établissement ou collectivité dispose de ses propres modèles. Un simple courrier daté et signé suffit dans la plupart des cas.
Ce que la loi ne garantit pas
Il faut lever une ambiguïté fréquente : cette heure n’est pas un droit absolu et automatique dans la fonction publique. Contrairement à ce que laissent entendre certains forums, l’administration conserve une marge d’appréciation liée aux nécessités du service.
Le secteur privé est encore plus restrictif : aucune disposition légale n’oblige un employeur de droit privé à accorder cette réduction. Elle peut figurer dans une convention collective ou un accord d’entreprise, mais reste alors contractuelle et non réglementaire.
Pour les fonctionnaires, la sécurité juridique est donc plus forte, à condition de formaliser la demande par écrit et de conserver l’avis médical. Ce document constitue la base de tout recours en cas de contestation.







