« La Cathédrale et le Bazar. » (E. Raymond). Les vertus d’un désordre maîtrisé.

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La cathédrale et le bazar

Après avoir présenté « Les employés d’abord, les clients ensuite » de Vineet Nayar, un rappel de l’essai d’Eric Raymond « La Cathédrale et le Bazar » s’imposait.

Eric Steven Raymond est un informaticien américain oeuvrant dans le monde du logiciel libre à qui l’on attribue la création du terme « open source ». En 1999, il diffuse un essai devenu depuis une référence dans le monde du logiciel libre « The Cathedral and the Bazaar » (La cathédrale et le bazar).

Eric Raymond y oppose les modèles de développement des logiciels libres à ceux appliqués aux logiciels propriétaires.

Rédigé par un informaticien, évoquant le développement d’outils informatique, il n’est que peu souvent cité comme ouvrage de référence de Management. Pourtant, Eric Raymond développe sans prétention une analyse mettant en évidence la supériorité d’un modèle d’organisation basé sur la transparence et la collaboration.

C’est ici qu’apparaît, à mon sens, le principal point commun avec l’ouvrage de Vineet Nayar. Ils posent tous les deux les principes d’une organisation déstructurée favorisant l’initiative, l’efficacité et la créativité.

Par opposition aux organisations managériales traditionnelles dits de « type cathédrale » marquées par une hiérarchie, une structure forte, Eric Raymond présente le modèle du logiciel libre basé sur le collaboratif, le volontariat, la transparence. Tout est ouvert, tout est accessible, tout est transparent, une organisation à la fois horizontale et verticale : un bazar. Ici le responsable se fait davantage coordonnateur.

Contrairement aux apparences le modèle bazar n’est pas l’anarchie. Il est au contraire structuré par ses propres règles de fonctionnement, basées sur la souplesse, la rapidité et les échanges permanents entre contributeurs.

Au delà de l’éloge d’un type de management différent, que l’on pourrait juger plus où moins adapté à tel ou tel type d’entreprise, sont évoqués ici les thèmes essentiels dans la gestion de projet et dans la gestion des hommes que sont la motivation et la créativité.

« Le fait que ce style de bazar semblait fonctionner, et bien fonctionner, fut un choc supplémentaire. Alors que j’apprenais à m’y retrouver, je travaillais dur, non seulement sur des projets particuliers, mais encore à essayer de comprendre pourquoi le monde Linux, au lieu de se disloquer dans la confusion la plus totale, paraissait au contraire avancer à pas de géant, à une vitesse inimaginable pour les bâtisseurs de cathédrales. »

La vidéo ci-après résume la pensée d’Eric Raymond

L’organisation doit permettre de ne pas perdre de vue l’objectif visé, de mettre en cohérence les travaux de chacun, sans être un carcan limitant l’initiative et la créativité.

Les axe essentiels sont la motivation « tout bon logiciel commence par gratter un développeur là où ça le démange », la compétence (ici des développeurs), la transparence, mais aussi enfin et surtout une relation permanente avec les utilisateurs « traiter vos utilisateurs en tant que co-développeurs est le chemin le moins semé d’embûches vers une amélioration rapide … ».

Une démarche itérative de correction des bugs orientée client qui, en définitive, donne au bazar la charpente nécessaire à sa réussite, son but ultime : satisfaire l’utilisateur final.

Les succès de Linux, Wikipedia, la fondation Mozilla et son célèbre navigateur Firefox, l’émergence de start up devenues depuis des multinationales (Google…), sont les signes qu’un management différent est en train de s’imposer. De plus en plus d’entreprises « cathédrales » se laissent en effet peu à peu tenter par l’esprit « bazar ».

La cathédrale et le bazar dans sa traduction française est disponible gratuitement ici.

Lire également : « Les employés d’abord, les clients ensuite » 

 

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