Vouloir exploiter des terres agricoles dans le Finistère sans autorisation préalable, c’est prendre un risque réel. Ce sésame administratif, délivré par la préfecture du 29, conditionne toute prise en valeur de terres : installation, agrandissement, entrée dans une société, échanges parcellaires. Et depuis le 6 avril 2026, la procédure a changé de forme : le dossier papier n’existe plus, tout passe par internet.
À quoi sert l’autorisation d’exploiter dans le 29 ?
Le contrôle des structures agricoles existe depuis la loi d’orientation agricole de 1960. Son but : éviter que les terres se concentrent entre trop peu de mains, favoriser l’installation des jeunes agriculteurs et maintenir une agriculture diversifiée en Bretagne. Dans le Finistère, c’est la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) qui instruit les dossiers, sur la base du Schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA) de Bretagne.
L’autorisation est obligatoire avant toute transaction : vente, location, bail rural, mise en valeur de terres au-delà d’un certain seuil de surface. Elle s’obtient avant la signature, pas après.
Qui peut déposer une demande ?
La DDTM évalue chaque dossier selon des critères précis. Parmi les éléments pris en compte :
- la formation, les compétences et l’expérience professionnelle du demandeur
- son âge et sa capacité physique à mener le projet
- les besoins en surface et en équipements de l’exploitation existante
- la priorité accordée aux jeunes agriculteurs de moins de 40 ans lors d’une première installation
- l’adéquation du projet avec les orientations régionales
- le respect des règles de zonage agricole ou environnemental
Un mandataire (centre de gestion, par exemple) peut déposer la demande au nom de l’exploitant. Dans ce cas, il doit utiliser l’adresse mail du demandeur pour créer le compte sur la plateforme.
Comment déposer la demande en ligne ?
Depuis le 6 avril 2026, toutes les demandes passent par demarches-simplifiees.fr. Les dossiers papier envoyés à la DDTM de Quimper ne sont plus acceptés. La plateforme centralise l’ensemble du parcours, de la saisie du dossier à la décision finale.
Se connecter et renseigner le dossier
La connexion se fait via FranceConnect ou une adresse mail. Le formulaire adapte ses champs selon le type de demande (installation, agrandissement, entrée dans une société). Les champs marqués d’un astérisque sont obligatoires pour valider le dépôt. Des tutoriels vidéo sont disponibles sur la page de la préfecture du Finistère pour guider chaque étape.
Saisir les parcelles et joindre les pièces
La saisie des parcelles se fait via une interface cartographique intégrée. On localise un lieu-dit ou une adresse, on sélectionne les parcelles cadastrales, et leurs caractéristiques (références, surfaces) s’ajoutent automatiquement. Attention : n’utiliser que l’outil de sélection de parcelles, sans ajouter de points ou de polygones supplémentaires, sous peine de bloquer le dossier.
Les pièces justificatives à joindre varient selon le profil, mais un dossier d’installation inclut généralement :
- une étude économique prévisionnelle (ou le formulaire de viabilité du projet)
- une attestation de réalisation du stage de 21 heures
- une copie du plan de professionnalisation personnalisé (3P) agréé par le préfet
- les attestations MSA
- une attestation de chiffre d’affaires en cas de vente directe
Informer les propriétaires
Avant de finaliser le dépôt, le demandeur génère depuis la plateforme les courriers d’information aux propriétaires des parcelles concernées. Ces courriers doivent être signés par les propriétaires (ou envoyés en recommandé), puis scannés et versés au dossier numérique.
Délais, décision et recours
La DDTM dispose de quatre mois à compter de la date limite de dépôt pour rendre sa décision. Dans le Finistère, deux sessions annuelles rythment le calendrier : les dossiers doivent être déposés avant le 1er mars pour une décision en avril-mai, et avant le 1er septembre pour la session d’octobre-novembre.
Un point à retenir : 95 % des dossiers déposés sont incomplets. Déposer tôt permet d’éviter qu’un dossier soit reclassé en demande successive hors délai faute de temps pour régulariser. Toute demande de complément transite par la messagerie de la plateforme, pas par courrier.
En cas de refus, un recours gracieux est possible auprès du préfet du Finistère dans les deux mois suivant la notification. Si le recours n’aboutit pas, le tribunal administratif reste une option.
Pour toute question sur un dossier en cours, la DDTM est joignable par mail à ddtm-structure@finistere.gouv.fr ou par téléphone (uniquement le matin).






