Oser ne pas être d’accord (Margareth Heffernan – Ted Talks). 2

Heffernan230Exprimer un point de vue différent est souvent perçu dans les entreprises comme le début d’un conflit et par conséquent comme un obstacle à la bonne marche vers l’objectif commun. Pourtant, savoir entendre, prendre en compte les idées différentes est au contraire le moyen de renforcer une organisation et l’aider à parvenir à ses fins.

Margareth Heffernan, femme d’affaires, auteur américain, démontre l’intérêt de la confrontation d’idées et la nécessité dans une entreprise qui se veut efficace de favoriser la circulation de l’information et l’expression des points de vue différents.

Son propos elle l’illustre par la présentation des travaux d’Alice Steward, médecin dans les années 50, qui a démontré avant tout le monde l’influence de l’exposition aux rayons X des femmes enceintes dans le développement des cancers infantiles. Cette chercheuse  avait la particularité de s’assurer de la véracité et de la force de ses théories en ayant dans son équipe, Georges, un statisticien au caractère opposé au sien, dont le travail consistait à démontrer qu’elle avait tort.

Avoir dans son propre groupe de travail ou dans son entreprise quelqu’un en mesure de déceler les failles de sa réflexion ou de son organisation, n’affaiblit pas. Au contraire. Ainsi alertée des critiques qu’on pourrait lui opposer Alice Steward avait la possibilité d’ajuster ses travaux et était par conséquent mieux armée pour les défendre.

Pour Margareth Heffernan « c’est un modèle fantastique de collaboration, des partenaires de réflexion qui ne sont pas des chambres d’écho ». Car c’est de la diversité des compétences, des points de vue que naît la richesse de la réflexion d’une entreprise et, au delà, d’une société.

Dans une seconde illustration, elle expose l’exemple de Joe, employé d’une société de matériel médical, qui doutant de la sécurité des produits de son entreprise envisageait la démission plutôt que d’exprimer ses doutes. Jusqu’à ce qu’il ose affirmer son désaccord…

Regardez l’intervention de Margareth Heffernan dans cette petite vidéo sous-titrée en français

Il existe bien des oppositions et des conflits constructifs qui n’aboutissent pas à des situations de blocage. Il faudrait au contraire les favoriser, les encourager pour la bonne marche d’une entreprise.

Prendre la bonne décision implique d’avoir envisagé plusieurs possibilités.

La principale difficulté vient du fait que par nature nous avons tendance à éviter les oppositions, à penser que le silence parfois vaut mieux qu’une remarque pouvant déboucher sur un conflit.

85 % des cadres ont reconnu qu’ils avaient des problèmes ou des préoccupations au travail qu’ils avaient peur de soulever. Peur du conflit que cela provoquerait, peur de se retrouver entraîné dans des disputes qu’ils ne savaient pas comment gérer, et ils estimaient qu’ils perdraient de toute façon.

« Qu’est-ce qu’exige ce genre de conflit constructif ? Eh bien, tout d’abord, il faut trouver des gens qui soient très différents de nous-mêmes. Ça signifie que nous devons résister à l’élan neurobiologique, ce qui signifie que nous préférons vraiment les gens qui nous ressemblent le plus, et ça signifie que nous devons chercher des gens d’origines, de disciplines différentes, avec des façons de penser et des expériences différentes, et trouver des façons de travailler avec eux. Ça nécessite beaucoup de patience et beaucoup d’énergie.

« Nous devons enseigner ces compétences aux enfants et aux adultes à tous les stades de leur développement, si nous voulons avoir des organisations qui réfléchissent et une société qui réfléchisse ».

Et comme le disait Winston Churchill « Si deux hommes ont toujours la même opinion … »

 

2 thoughts on “Oser ne pas être d’accord (Margareth Heffernan – Ted Talks).

  1. Reply Jérôme G Fév 13,2015 2 h 35 min

    Il y a beaucoup de choses, en plus des points de vue différents qui pourraient être très profitables à l’entreprise. Mais il faut garder à l’esprit que les cadres dirigeants ou non gèrent avant tout leur carrière et servent donc d’abord leurs propres intérêts quitte à aller à l’encontre de ceux de l’entreprise. Les R.H. s’en rendent souvent complices.
    C’est pourquoi, on observe des situations complètement insensées, des dépenses, des échecs et même des faillites qui n’auront jamais dû avoir lieu…

    • Reply Verbiage Fév 13,2015 3 h 02 min

      Le problème vient aussi d’une mauvaise conception du rôle de cadre. N’accepter qu’une vision des choses (la sienne) et s’y tenir est perçu comme une force. Concilier différents avis et admettre ses éventuelles erreurs est au contraire perçu comme une faiblesse… Malheureusement.

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